Mot d’accueil du Chef de l’Etat, Joseph Kabila

Les mines sont l'un des fils de la trame sur laquelle se tisse l'histoire du peuple congolais. La RDC fonde un véritable espoir sur ces richesses minières, pétrolières et forestières. Cependant, comme plusieurs pays riches en ressources minières ou pétrolières, la RDC est confrontée à des défis importants de lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes, de consolidation de la paix, de développement des infrastructures, de modernisation de l'agriculture, de transformation de ses productions, à travers l'industrialisation. C'est à dire, que la RDC doit chercher et déterminer, avec intelligence, tous les facteurs à même de faire de ses richesses, un véritable moteur de croissance et de développement et non pas une malédiction, comme on a coutume de le dire. Il s'agit, en clair et de manière plus spécifique, de faire de nos ressources minières, pétrolières et forestières, un levier stratégique face à ces différents défis. C'est dans le même esprit et la même volonté affirmée, de créer de meilleures conditions de vie pour nos populations. Cet esprit et cette volonté nous ont conduits, sans atermoiement, de faire adhérer la RDC à l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

Cet acte de haute portée politique, est aussi fondamentalement économique. Politique, parce qu'il s'agit, pour nous, gouvernants, face à la complexité de ce secteur, de partager avec d'autres acteurs de la vie publique, en l'occurrence, les organisations de la société civile, nos prérogatives, notamment celles afférentes à la gestion des revenus qu'il génère. En acceptant, volontairement, le cadre de concertation et d'échange que constitue l'Initiative ITIE et l'ensemble des normes qu'il édicte, notamment ses principes et critères, la RDC s'engage davantage dans la voie du renforcement de la bonne gouvernance et la démocratie. Nous nous sommes appropriés ce mécanisme, lancé en 2002, à travers la création d'organes institutionnels chargés de sa mise en œuvre.

Le Comité Exécutif National, appuyé par le Secrétariat Technique, constitue ce cadre d'échange et de concertation que j’ai 'évoqué plus haut. Le caractère tripartite, fondement essentiel de l'ITIE, y est consacré.

 
 

 

 

Y sont représentés, les administrations, les organisations de la société civile, les entreprises extractives et autres groupes d'acteurs, œuvrant directement ou indirectement dans le domaine des industries extractives. C'est dire, que le gouvernement s'est résolument engagé dans cette dynamique de transparence et de promotion de la bonne gouvernance.

Je disais plus haut, que la transparence est une question politique de bonne gouvernance. Il est, en effet, dur de constater, à travers notre pays, qu'il existe une forte corrélation entre la carte des conflits et celle des zones à fortes potentialités en ressources minières et ou pétrolières.

Il en résulte, que ces ressources n'ont pas permis d'accélérer la croissance économique et sociale de la RDC. Ce paradoxe découle de la convoitise et de la compétition sans retenue, qui ont, de tous temps et en tous lieux, caractérisé l'exploitation de ces richesses naturelles et sont à la base de tous ces conflits fratricides et dévastateurs dans notre pays. Il convient alors, de dégager la responsabilité de tous les acteurs directs et/ou indirects, intérieurs et/ou extérieurs, dans cette malédiction entretenue. La RDC a connu ces conflits mais nous nous efforçons de les prévenir aujourd’hui, en mettant en avant l'importance de la qualité de la gouvernance, comme moyen de régulation de la compétition et de résolution des conflits.
Mais, comme je l’ai souligné plus haut, la question de la transparence des industries extractives est aussi hautement économique et même environnementale. Aussi, nous ne pouvons assurer un développement durable et vaincre efficacement la pauvreté, aussi longtemps que nous continuerons à exporter des matières premières à l'état brut, sans aucune transformation industrielle, même partielle ; aussi longtemps que nous importeront le travail industriel, avec la main d'œuvre qui s'y rapporte, et que nous importerons les produits finis, avec la vie chère qui les accompagne ; aussi longtemps que nous ne retiendrons pas la richesse produite avec nos ressources minières ou pétrolières ; aussi longtemps que nous polluerons notre environnement et que nous dégraderons la base matérielle de notre productivité, au profit de spéculations agricoles à vil prix, pilotées par le marché international !

C'est pourquoi, sous l'impulsion de notre Gouvernement, la RDC a choisi de diversifier ses partenaires, de renforcer et de moderniser ses institutions en charge du secteur et d'associer davantage ses citoyens dans les processus de formation de richesses, afin de mobiliser et de retenir des quantités substantielles de revenus. Mais, avec la mondialisation économique et ses avatars, comme en témoigne la crise financière actuelle, qui secoue les plus grandes démocraties et impose à nos pays fragiles, d'énormes défis, nous devons continuer à garder à l'esprit et agir pour une meilleure valorisation de nos ressources. Cela implique, pensons-nous, un véritable partenariat, un partenariat gagnant-gagnant, où les errements du passé doivent être évités. La RDC a adhéré à l'Initiative ITIE, et a décidé de publier ce qu’elle reçoit des industries extractives. Il en est de même de ce que ces dernières paient à la RDC.

La RDC vient de publier son premier rapport ITIE portant sur l’exercice 2007, qui est mis à la disposition du public et va bientôt publier les rapports des exercices 2008 et 2009 avec toutes les améliorations qui s’imposent. Le pays s’est engagé dans le processus de sa validation, pour être un pays conforme à l'ITIE. Pour ce faire, le gouvernement a pris et prendra, si nécessaire, toutes les mesures devant permettre d'atteindre cet objectif, en mars 2010. Nous attendons cependant de nos partenaires, dont les engagements à contribuer à la mise en œuvre de l'TTIE, remontent à la Conférence d'Oslo d'octobre 2006, à la Conférence UE-Afrique de Lisbonne de novembre 2007 et relayés par la Résolution des Nations Unies sur l'TTIE de septembre 2008, qu'ils concrétisent leurs engagements. C'est le lieu pour moi, de féliciter très chaleureusement tous les pays qui ont contribué au TRUST FUND qui appui la mise en œuvre du processus en RDC, notamment, l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, le Canada, l’Espagne, la France, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Unis et l’Union Européenne.

La RDC, je le rappelle, a opté pour l'Initiative ITIE. Mais, notre détermination à assurer une gestion transparente de nos ressources, va au-delà de cette initiative. Nos contrats, en effet, sont et seront attribués dans le strict respect de nos Lois et Règlements et les revenus qu'ils génèrent, seront utilisés dans l'intérêt bien compris de nos vaillantes populations.

C'est cela notre engagement !

Joseph Kabila

 

   

 

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